LA VAGUE DE TROP POUR LES TPE/PME DE L’ÉVENEMENTIEL

ANNULATIONS EN CHAÎNE – La reprise aura été de courte durée pour l’évènementiel.

Si légalement, l’organisation de festivités n’est, à ce jour, pas proscrite, elle est en revanche depuis quelques jours fortement déconseillée.

Alors que le Pass sanitaire semblait avoir fait ses preuves cet été, pour le maintien des évènements et la survie de milliers d’entrepreneurs, le sentiment d’insécurité sanitaire fait des ravages entraînant avec lui, reports, annulation et absence de demandes.

Un sondage, effectué entre le 1er et le 2 décembre dernier sur un échantillon de 360 entreprises montre que 62% de leurs évènements sont annulés et 29% sont reportés, alors que 54% des clients ne se sont pas encore prononcés sur une date de report laissant les entreprises dans l’incertitude. Les pertes se chiffrent à plusieurs dizaines de millions d’Euros de Chiffre d’Affaire rien que pour ces 360 sondés. 37% d’entre eux annoncent devoir rembourser l’acompte aux clients quand les trésoreries sont au plus bas.

Si la dernière allocution du Président de la République avait laissé place à des inquiétudes pour cette fin d’année, les récentes recommandations des préfectures annulant les évènements des collectivités, suivi des modifications des directives gouvernementales du ministère du travail notamment citant que les “rassemblements en entreprise” sont fortement déconseillés ont suffit à pousser les entreprises publiques comme privées à annuler leurs évènements de fin d’année.

CATASTROPHE ECONOMIQUE – L’inquiétude a donc laissé place à la colère.

Les associations telles que SOS Entrepreneur ne désemplissent plus d’appels en détresse. Entre burn-out et tentatives de suicide, les entrepreneurs auront du mal à résister à cette 5ème vague. 64% estiment d’ailleurs une probabilité moyenne à très forte que sans aides ils devront fermer leurs entreprises.

Les aides de l’État se sont en effet arrêtées en juin 2021 et malgré un été de travail, les trésoreries sont au plus bas. 62% des sondés estiment avoir déjà une baisse de plus de 25% de trésorerie par suite des reports d’évènements de 2020 et 2021 et 77% d’entre eux auront plus de 25% de perte de Chiffre d’Affaire rien que sur ce mois de décembre.

La gestion comptable des entreprises évènementielles est en effet complexe. Prenons l’exemple d’un traiteur réalisant un devis pour 100 personnes en 2019. Il aura perçu un acompte de 50% de sa prestation. Cet acompte lui aura permis de survivre durant cette crise. En octobre 2021 il aura effectué une prestation pour 50 convives le nombre de convives ayant été revu à la baisse en raison de la situation sanitaire. Résultat il aura livré une prestation en 2021 datant de 2019 pour lequel le solde restant dû est nul au vu de la révision du nombre de convives. Il n’aura donc rien perçu en 2021 alors même qu’il aura eu des frais d’achats de matières premières, de personnel.

Les évènements de cet été n’ont donc pu à eux seuls permettre la reprise économique des entreprises. Nombre d’entre elles comptaient sur les évènements de cet hiver pour redorer leur trésorerie.

A nouveau sans activité, sans trésorerie, et sans aides, elles n’ont d’autres choix que d’envisager licenciement et liquidation.

URGENCE

L’arrêt du Fonds de Solidarité a été trop brutal pour ce secteur très fragilisé.

Les recommandations gouvernementales et la prudence actuelle des français, condamnent à nouveau tout un secteur. Des restaurateurs, aux salles de réception, en passant par les photographes et les DJ. Il est urgent de soutenir à nouveau ces professionnels qui essaient de survivre depuis 2 ans, de sauver les emplois de leurs salariés en jonglant avec des stop and go incessants.

Les professionnels du secteur représentés par l’UPSE demandent aujourd’hui :

  • Une aide financière dès le mois de décembre
  • Le report des remboursement de PGE
    La restauration du chômage partiel
  • L’annulation de la CFE